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2010, Mordida fête ses 10 ans

Cette année, l'association Mordida de Tango fête ses 10 ans (2000-2010). C'est devenue l'une des plus grosses associations de tango argentin sur Paris, avec plus de 200 adhérents. L'ambiance est reconnue pour être décontractée et sympathique, plutôt jeune, mais pas seulement. C'est Charlotte Hess et Miguel Gabis qui s'occupent de la programmation et de la direction artistique et pédagogique de l'association. Charlotte est une enfant du tango : elle danse depuis l'âge de 14 ans avec une grâce, une sensualité et une intensité qui nous laisse à chaque fois émerveillée. Elle tourne avec de nombreuses compagnies en Europe, en Amérique du sud et en Asie en se créant un bagage d'expériences qu'elle redéploie sans cesse dans sa pratique artistique et intellectuelle. Danseuse, chorégraphe, elle est aussi performeuse et philosophe, artiste à 360 degrés. Elle enseigne le tango depuis 13 ans et à Mordida depuis sa création.



2010, Mordida fête ses 10 ans

Comment Mordida est née ?

Le désir de créer Mordida m'est venue de ma rencontre avec Miguel Gabis qui enseignait le tango depuis 1997. A l'époque, j'enseignais le tango à l'Université de Paris 8, en science de l'éducation. Nous voulions redonner au tango son aspect social et convivial. Nous avons alors monté notre propre association dans le XVIIIème arrondissement, par souci d'action locale et pour créer une véritable dynamique de « quartier ». Nous avons été nous-mêmes surpris par la fréquentation, mais aussi par le fait que les membres de Mordida se voient en dehors des cours, pour faire tout autre chose que du tango...

 

Quel est votre choix de programmation musicale ?

Ecouter un éventail de tango le plus large possible (époques et styles). Dans nos pratiques, nous mettons aussi ce qui apparemment n'a rien à voir avec le tango et tout le monde apprécie. Cela permet de sortir du tango «pur» que revendiquent certains. Mais il faut sortir des partages binaires inféconds entre tango « nuevo » et « historique ». L’expression «Tango nuevo », qui a été aussi une devise publicitaire, a montré dans son côté positif, que le tango ne cesse d'évoluer, de s'actualiser, de s'altérer et c'est tant mieux. Il est à l'image de ceux qui le pratiquent et le travaillent aujourd'hui.

 

Quel est la place de la pédagogie?

Le souci et le goût pour la pédagogie est quelque chose de fort que je partage avec Miguel et qui fait partie de l'esprit de Mordida. Nous sommes partis du principe qu'il n'y avait pas d'incompatibilité entre un enseignement rigoureux et le fait de s'amuser car le tango est aussi une danse de couple et une danse sociale. Au fil des années, nous avons institué cette pratique de transmission : nous formons à l'enseignement des personnes qui ont fait leur formation avec nous, et certains dispensent aujourd'hui des cours. 

 

Quel est cet « esprit » de Mordida dont on parle ?

Les « anciens » danseurs accueillent les nouveaux et les intègrent ainsi plus facilement. C'est assez rare dans le milieu du tango parisien où l'on ne se mélange pas trop. Ici, tout le monde danse ensemble, ce qui crée vraiment une autre dynamique. C'est quelque chose à laquelle nous tenons beaucoup.

 

Que proposez-vous à Mordida comme activités ?

Il y a pratiquement des cours tous les jours et 2 pratiques par sémaine. Nous organisons notre 6ème voyage à Buenos Aires. Pour faire goûter le travail chorégraphique et scénique, nous présentons une création avec nos élèves dans un théâtre. Puis, nous participons régulièrement avec les membres de Mordida à des manifestations de rue et nous sommes intervenus en milieu scolaire pour des démonstrations ou des débats autour du tango. Nous avons lancé une revue intellectuelle autour du tango : « La morsure déchaînée ». Ce qui est important pour nous, c'est de proposer et de partager toutes les composantes du tango.

 

Comment allez vous fêter les 10 ans de Mordida ?

Nous organisons tous les ans, «Vertige Tango» où sont passés pas mal d'artistes et d'intellectuels. Pour les 10 ans de Mordida et pour la troisième édition du festival, nous allons investir tout le bâtiment du Centre musical Barbara, un lieu formidable qui a ouvert ses portes il y a 2 ans au coeur du quartier de la Goutte d'Or et qui nous a laissé carte blanche pour l'occasion. L'entrée au festival est libre.

 

Au programme?

Miguel et moi avons concocté un festival à l'image de Mordida : présenter toute la culture tango dans l'espace d'un week-end ! Initiation au tango, projection d'un film sorti en février : Terre de refuge. Récits de l’exil de H. Belòn et F. Fischer. Une conférence sur l'histoire du tango avec Juan Carlos Caceres et des concerts avec Caceres et le Tangofon trio et Alterquintet sous la direction d'Alfonso Pacin. Bals avec un set d'electro tango de Matias de Valentina Alsina. Et aussi des expositions de peinture, de photos et des pochoirs de rue. Une belle amorce pour le printemps !

 

Quelles sont vos activités artistiques en ce moment?

Avec Miguel, nous entamons une nouvelle collaboration artistique autour d’un spectacle évolutif “Identitdad tango”, qui s'altère et se transforme au grès de nos rencontres. Nous dansons ensemble avec certains orchestres, par exemple, “El despues” ou “ Tierra del Fuego ”et d'autres. Pour ma part, je continue mes activités artistiques, intellectuelles et radiophoniques, mêlant toujours plus arts et philosophie.

 



Entretiens avec Charlotte Hess. Propos recueillis par Lalie. Février 2010


Pour plus d'information sur l'association Mordida de tango : www.mordidadetango.com
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Mardi 4 Mai 2010

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